Coucher de soleil à Tobermory

Au paradis à Tobermory

Dans la rue, sur les parkings, j’ai fait des rencontres qui ont changé le tournant de mon aventure et de ma vie tout simplement.  J’y ai rencontré des personnes que je considère comme ma famille canadienne à présent : Pat et Brian à Tobermory en font partie.

Je me souviens de mon départ de South Baymouth comme si c’était hier ; quittant le terrain de Jimmy après avoir admiré le lever du soleil et me diriger vers un resto pour prendre mon petit déjeuner. Je revois cette femme sortir du restaurant pour me demander si je compte manger ici et m’inviter à la rejoindre à sa table avec son amie. Jan et Jamie sont originaires de Toronto et terminent leur virée à vélo sur Manitoulin Island. Elles m’ont aperçu la veille dans le camping et ont demandé au gérant où était mon emplacement, mais celui-ci leur a répondu que je n’étais pas restée car le tarif était trop cher pour moi. Elles ont tenté de me retrouver pour m’offrir ma nuit au camping. Inquiètes de savoir où j’ai dormi, je leur explique que finalement j’ai planté ma tente sur un terrain à deux pas d’ici. Nous prendrons notre petit déjeuner ensemble, ainsi que la traversée en ferry avant de nous séparer. J’étais invitée à leur rendre visite à Toronto, mais les grandes villes très peu pour moi.

A la sortie du ferry, un cyclo m’appelle. Il s’agit de Brian qui est venu à ma rencontre pour rouler ensemble jusqu’au cottage. En arrivant j’ai cru rêver : un cottage avec vue sur le lac Huron qui ressemble à un océan. Pour la petite histoire, à mon arrivée à Kenora (1er jour en Ontario), alors que je consultai ma messagerie sur le parking de Tim Horton’s, deux femmes ont entamé la conversation avec moi. Elles sont de Winnipeg et l’une d’elle me dit que son frère a un cottage à Tobermory et qu’il sera sûrement ravi de m’héberger. Elle prend mon adresse mail et me donne celle de Brian. Une semaine avant mon arrivée à Tobermory, Brian m’a envoyé un mail pour me rappeler qu’ une chambre m’attendait. Comme quoi parfois des belles rencontres tiennent à peu de choses.

Pat et Brian à Tobermory

Brian était ophtalmo et Pat opticienne. Après les problèmes de santé de Brian, ils ont décidé de prendre leur retraite en avance afin de profiter de la vie. Ils ont déjà 25 000 kms au compteur de leur vélo et impriment un livre pour chacun de leur voyage afin de garder une trace de leurs aventures. Pat est un vrai cordon bleu ! J’ai encore en mémoire le bon goût de son pain maison, de la pizza, du porc mariné et surtout de sa tarte au citron dont j’ai demandé la recette tellement elle était bonne. Alors que je voulais l’aider en cuisine, je la revois encore me dire que mon job était de savourer une bière en compagnie de Brian face au lac. Je lui avais alors répondu que j’adorai mon job et que j’étais prête à faire des heures supplémentaires.

Il y a des endroits, des personnes qui vous mettent tout de suite à l’aise et vous déclenche quelque chose à l’intérieur.

Grâce à Pat et Brian j’ai pu réaliser mon rêve de faire du kayak pour la première fois de ma vie. Ce matin là, une brume recouvrait le lac . Brian et moi-même avancions dans un silence tellement précieux et une ambiance quasi mystique. L’après-midi nous avons fait une deuxième sortie, mais la chaleur était trop forte et les scooters des mers provoquaient trop de remous.

Avec Pat et Brian, nous avons parlé de mes projets pour l’avenir, de ce que je voulais faire à mon retour en France. Ils ont presque réussi à me convaincre d’écrire un livre sur mon aventure, que ça valait au moins aussi bien que le roman Wild. Ce n’est pas la première fois qu’on me dit que je devrais écrire un livre, mais pour la première fois j’ai décidé d’y réfléchir sérieusement, même si je ne vois pas bien ce qu’un livre apporterai de plus que mon blog où j’ai tout partagé avec vous. Pour la première fois aussi, j’ai pu dire que je n’imaginais pas ma vie autrement que sur un vélo, à découvrir des paysages et à faire des rencontres. A mon retour, je vais étudier la possibilité de créer ma propre affaire pour organiser des tours à vélo qui me ressemblent, c’est-à-dire autre chose que les tours de « luxe » proposés par de nombreuses compagnies : pas d’assistance, pas d’hôtel, la découverte du terroir et de la gastronomie de notre belle France et une vraie aventure humaine. Tout ça n’est encore qu’une aiguille dans une botte de foin et je ne sais pas encore si je saurai l’en sortir, car je sais que la tâche s’annonce compliquée. Je ne veux pas que My Happy Canada Tour soit juste un chapitre de ma vie, avec un retour à ma vie d’avant à mon retour.  Je ne veux surtout pas perdre la confiance et la force que j’ai gagné ici sur les routes et j’ai à cœur de permettre à des personnes de vivre une belle et authentique expérience sur 2 roues, qui ne ressemble pas juste à des vacances. A mon retour je sais aussi qu’il faudra que je trouve un travail parallèlement à l’étude de mon projet, mais je ne l’imagine pas bien loin du monde du vélo et/ou du voyage.

Avant de quitter Tobermory, Pat et Brian m’ont permis de réaliser un autre rêve : celui de dormir à la belle étoile. Je me rappellerai de cette nuit toute ma vie : de ce coucher de soleil magique, du ciel qui brillait de mille étoiles, du bruit des vagues qui chuchotaient à nos oreilles et de ces quelques débuts d’aurores boréales qui se sont offertes à nous. Je me rappelle avoir dit à Pat et Brian que pour la première fois je croyais au paradis : sur la plaque en bois à l’entrée du cottage est inscrit le nom « paradis », mais ça je ne l’ai appris qu’en partant…

2 réflexions sur “ Au paradis à Tobermory ”

  1. Après l’enfer de la route 17, le paradis !
    Tu passes d’un extrême à l’autre…
    Cela se sent aussi à tes projets et à tes images.
    On en veut encore des paysages comme ceux là.

  2. C’est donc magnifique, Sandrine qu’il y avait un arc-en-ciel après ton orage!!! haha. Je suis tellement heureuse que tu as trouvé quelque chose positif à l’Ontario!!!

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