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Au pied du géant j’ai pleuré

Valemount – Mont Robson = 55 kms

 

On a beau se préparer au plus beau, on est jamais vraiment prêt face à la magnificence de la nature.

Impatiente de reprendre la route, je me lève tôt et quitte la maison de Joseph alors qu’il dort encore. Pour cette fois on ne peut pas dire que cette rencontre m’aura marqué, car j’ai vu mon hôte 5 minutes en tout et pour tout. A 7h30 le ciel est déjà bleu, sans la moindre trace de nuage et les montagnes sont encore plus belles que le veille. Aujourd’hui, peu de kilomètres pour rejoindre le Mont Robson, donc je compte bien y arriver tôt et profiter de mon après-midi pour emprunter les sentiers de randonnée. A 9h il fait déjà très chaud, la seule difficulté de la journée est la côte avant d’arriver au Mont Robson. Comme d’habitude j’active les Granny gears, je mouline et ça passe tout seul. Je m’arrête sur une aire de repos manger un morceau et m’hydrater. Une dame vient me voir  et me dit qu’avec son mari ils m’ont doublé dans la côte et ont eu mal pour moi de pédaler avec un vélo aussi chargé. Pour ma part je m’étonne de ne même pas avoir un peu mal aux jambes ; comme quoi tout est relatif. Un autre jeune couple vient me voir et me trouve crazy. Visiblement c’est ma marque de fabrique.

Depuis l’air de repos je suis omnibulée par le Mont Robson que j’aperçois déjà au loin. Comme une enfant qui attend avec impatience de déballer ses cadeaux de Noël, je m’empresse de reprendre la route. Alors que les voitures filent à vive allure, je freine en pleine descente le souffle coupé, non pas par l’altitude, mais par la vision du géant. J’ai bien faillit mettre un genou à terre pour l’honorer. Je l’avais pourtant vu en photo, j’attendais ce moment depui plus d’un an. Jamais je ne me serai imaginée aussi petite face à ce géant. Je peux vous dire qu’il y a de quoi être impressionnée. Du haut de ses 3954 mètres, le Mont Robson domine en souverain puisqu’il est le plus haut sommet des Rocheuses. Il n’y a qu’à vélo que l’on peut réellement mettre son environnement en perspective. Si bien souvent son sommet est  caché dans les nuages, aujourd’hui il me fait l’honneur d’être à découvert.

Mont Robson

Je me rends au centre info touristes, prendre quelques renseignements. Je décide de m’installer au Robson River Campground situé à 400 m. Avec le poids de mon vélo pas question d’emprunter le sentier qui mène au premier camping situé à 8 kms. Je mange un morceau, installe mon campement et décide de m’engouffrer dans les entrailles du géant avec Elise. Le Berg Lake Trail propose des sentiers de randonnée allant de la marche pour la demi-journée à une randonnée sur plusieurs jours. J’aurai aimé faire la plus célèbre sur 2 jours, mais malheureusment je suis équipée comme une cycliste et non comme une randonneuse. Il est possible de se rendre au Kinney Lake à vélo, ensuite seuls les marcheurs sont autorisés.

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Avec Elise en version ligth, nous arpentons le sentier de terre et souvent caillouteux. Dans les parties trop accidentées, je marche avec Elise à mes côtés. Dommage que je n’ai pas eu un VTT aujourd’hui, ce sentier est un vrai régal. Quant à ceux qui s’inquiètent des ours bien plus que moi visiblement, j’ai fait tinter ma sonnette régulièrement lorsque je me retrouvais seule sur le sentier. L’ours n’aime pas être surpris, il a besoin qu’on signale notre présence. Je préfère nettement ma méthode sonore, plutôt que de me trimbaler un Bear Spray. Je n’ai d’ailleurs vu aucun randonneur en porter à la ceinture… La rivière Robson dévale au pied du sommet avec une puissance fracassante et la nette impression que la température de l’eau pourrait vous glacer le sang. Sa couleur est d’une telle transparence et d’une telle pureté, que ça me donne des frissons malgré la chaleur.

Arrivée à Kinney Lake je reste sans voix, le souffle coupé. Si le paradis existe, aujourd’hui je l’ai trouvé. La surface du lac est d’un calme plat, cela inspire la sérénité. Il est en parfaite communion avec le géant, reflétant dans l’eau turquoise comme dans un miroir. Je ne vais pas vous mentir, aujourd’hui la perte de mon appareil photo m’a fait mal, tant j’aurai aimer capturer toutes les couleurs, toutes les nuances, tous les reflet de cette magnificence. Je ne suis pas douée pour le arts plastiques. Au collège d’ailleurs c’est ma cousine qui réalisait mes dessins à ma place (c’est pas bien). Aujourd’hui pour capturer à jamais cette aquarelle, j’aurai utilisé du bleu turquoise pour représenter le Kinney Lake, du gris et du noir pour les différentes nuances du Mont Robson, du blanc pour son sommet enneigé, une large pallete de vert pour toutes les nuances de la vallée et de la forêt, du jaune, du rose et du violet pour colorier les pétales des fleurs qui ont croisés mon chemin et surtout le bleu du ciel qui m’a permis de voir cette carte postale dans des conditons exceptionnelles. La vérité c’est que ni  le meilleur photographe équipé du meilleur appareil photo, ni le meilleur peintre avec ses pinceaux, ne pourraient capturer toute la beauté de cette scène. Aujourd’hui, j’ai eu la preuve que ce n’est pas sous l’action de Photoshop que le Kinney Lake était de couleur turquoise et je n’ai vu personne déverser du canard WC. Notre planète recelle de merveilles que l’on imagine même pas, voilà pourquoi je pourrai passer ma vie à voyager.

4 réflexions sur “ Au pied du géant j’ai pleuré ”

  1. Salut Sandrine! nous sommes ravis pour toi, de ce féerique voyage..et, avec ta belle plume, tu nous le fais bien partager..,dommage pour ton appareil photo, mais tu réussis à nous situer ton environnement du moment.., sûre que Mère Nature nous inspire le Respect, et total d’accord avec toi, même le plus talentueux artiste ne peux reproduire certaines couleurs que la nature nous offre..pour le bonheur des yeux…

  2. Ah ma Sansan, cela fait plusieurs jours que je n’avais lu tes exploits. quel périple merveilleux, même si quelques fois c’est dur.Mais tu es toujours enthousiaste Tu fais de magnifiques rencontres mais je n’en doutais pas.Tu vas devenir une vrai glob-trotteuse.Ce soir les gars m’ont demandés :
    :
    « quand tata sardine rentre de son voyage?
    je réponds :
    « pour octobre(si je ne me trompe pas)
    « Mais c’est dans longtemps! »
    « Oui mais elle est tellement heureuse »!
    Fonce et va au bout de tes rêves…
    En tout cas, tu nous fais rêver, et on est avec toi…

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