Coucher de soleil

Cap vers le Sud !

Parksville – Chemainus = 70 kms

Chaque jour, je ressens cette terrible envie de reprendre la route sans savoir où je vais m’arrêter, ni où je vais dormir. Chaque soir, lorsque je pose Elise et que je plante ma maison de tissus au milieu de nouveaux paysages et de nouvelles rencontres, je sais pourquoi j’ai pédalé. Cela fait une semaine que je suis sur la route et déjà j’ai pris goût à l’imprévu. J’ai déjà laissé derrière moi mes peurs et j’avance en me fiant à mon instinct : serait-ce le fameux « lâcher prise », que tant de personne cherche à atteindre ?

En quittant Parksvile, je disais au revoir à la belle Oceanside Route 19A, pour emprunter la route 19. Parfois, il suffit d’une simple lettre en moins pour que votre paradis se transforme en un véritable enfer. Plus de vingt kilomètres  sur de la voie express, où le bruit assourdissant des voitures et campings car vous rend dingue et où chaque dépassement est une épreuve pour votre cœur. J’ai bien eu l’idée de mettre mon mp3 sur mes oreilles, mais la musique est une évasion et étant donné la dangerosité de la situation, il n’était pas question de m’évader. La pluie de ce matin avait laissé place à une chaleur d’autant plus étouffante avec la réverbération du bitume et les gaz qui s’échappaient des pots d’échappement. J’avais l’impression que le revêtement de la route était en train de fondre et de coller à mes roues.

Nanaimo

A mon arrivée à Nanaimo, je reprenais enfin de l’oxygène et savourais une légère brise venue de la mer, en me promenant sur la marina. Après Victoria, Nanaimo est la deuxième ville de l’île de Vancouver. Les buildings plantés à la marina et les hydravions qui décollent, donnent à cette ville des faux airs de Vancouver.

Après une courte visite de la ville, ponctuée d’échanges avec des habitants toujours curieux de savoir où j’allais avec un vélo aussi chargé, il était temps pour moi de reprendre la route. Cette fois-ci j’empruntais la transcanadienne Highway 1, qui est un axe majeur. Après quelques kilomètres hors de la circulation, très vite s’était reparti pour l’enfer de la fournaise et du trafic. Malgré la crème solaire, mes bras et mes cuisses étaient en train de cuire. Au bord de l’asphyxie, je m’arrêta en urgence sur une aire de repos pour reprendre des forces à l’ombre d’un arbre. Je m’offris une pause douceur, grâce au gâteau à la noix de coco offert par Carol à mon départ de Parksville.

Après quelques kilomètres, mon arrivée à Ladysmith signa mon entrée dans la somptueuse Cowichan Valley. Un petit tour rapide dans la ville et je me dirigeais vers Chemainus, pour achever cette journée torride. Dix kilomètres avant Chemainus, je commençais à me mettre aux aguets, pour trouver un hébergement pour le soir. Sur le parking d’un petit commerce alimentaire, j’aperçu deux femmes en train de faire signer une pétition. Je m’arrêta leur demander si elles connaissaient un camping pas trop onéreux où planter ma tente pour la nuit. Spontanément, Debbie me proposa de venir planter ma tente dans son jardin. La suite ne fût qu’enchantement et émerveillement, puisque j’arriva à une somptueuse demeure, avec vue sur l’océan Pacifique. Encore une fois, je n’en revenais pas de la chance que j’avais. Debbie me proposa de dormir dans l’une des chambres, mais pour moi hors de question de manquer l’occasion de planter ma tente face à l’Océan Pacifique et la vue sur les sommets enneigés de Whistler.

Une fois ma tente installée sur mon terrain cinq étoiles, Debbie me proposa de prendre une douche et m’invita à me joindre à elle pour le dîner. Installée à la terrasse, dans le silence et la quiétude, je savoura mes œufs frits, mon toast et ma soupe. L’enfer du trafic des voitures et la chaleur étouffante étaient déjà loin derrière moi. Debbie était originaire de l’Ontario. Son époux y faisait encore de nombreux déplacements pour son travail, d’où son absence ce soir.

Debbie Chemainus

Avant d’aller me coucher, j’assista au plus beau coucher de soleil qui m’avait été offert depuis mon arrivée en Colombie Britannique. En l’espace de quelques minutes, le ciel se colora de rose, de fuchsia et de mauve, propageant sa palette de couleurs dans le bleu gris de l’océan.

Coucher de soleil

Blottie dans mon sac de couchage, je tomba dans les bras de Morphée, bercée par le clapotis des vagues. Certes je n’étais pas la grande aventurière que tout le monde pensait que j’étais. Et si j’éprouvais encore quelques craintes à planter ma tente en pleine nature, je prenais goût à surmonter ma timidité pour aller à la rencontre des habitants. Chaque nouvelle rencontre, était une occasion pour moi de me nourrir de ces  personnalités aussi différentes que variées. Il y a tant à apprendre sur soi, lorsque l’on prend le temps d’écouter les autres.

 

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