Départ

C’est parti mon kiki !

Vancouver – Gibsons = 57 kms

Vous souvenez-vous du jour où vos parents ont retiré les petits roues de votre vélo ? Vous rappelez-vous ce sentiment de liberté que vous avez ressenti ? Dès mes premiers coups de pédale, j’ai éprouvé à nouveau ce sentiment inexorable de liberté.

La première fois que l’on pédale sans les stabilisateurs de son vélo, notre équilibre est encore un peu fragile, il faut un peu de temps pour prendre confiance. Au départ de Vancouver, ce mercredi 13 mai 2015, mon équilibre était encore fragile. Je ne me sentais pas encore prête à m’élancer sans filet, de prendre la route sans savoir où dormir. J’avais donc trouvé des hôtes Warmshowers, Irène et Gery, prêts à m’accueillir à mon arrivée à Gibsons. L’équilibre d’Elise était lui aussi fragile, avec le poids de mes sacoches. sûrement un peu trop chargée comme la plupart des débutants.

Départ de Vancouver

Ce matin là, le ciel était couvert et une légère brume enveloppait la ville encore endormie. Les plages et les espaces verts étaient déserts, j’avais le Stanley Park rien que pour moi. Ces paysages m’étaient déjà familiers, même si je n’étais restée à Vancouver que quelques jours.

Vue de Vancouver

L’aventure pouvait commencer, dès mes premiers tours de roue au milieu de nouveaux décors. Le premier d’entre eux s’annonçait comme un premier défi, car je devais franchir le Lions Gate Bridge. Ce n’était pas tant sa longueur de 1800 mètres qui m’impressionnait, mais plutôt ses 470 mètres de haut, face à ma peur du vide. J’ai respiré profondément, pour ne pas perdre mon calme et j’ai gardé les yeux rivés droit devant moi. Même si la vue était sans aucun doute très belle, pas question de détourner mon regard de la roue avant d’Elise. Une fois cette première épreuve surmontée, jai pu commencer à longer la Sunshine Coast (autrement dit la « Côte du soleil ») . Celle-ci n’est pas réputée pour être facile, mais de l’avis de beaucoup de cyclistes, elle est la plus belle manière de se rendre sur l’île de Vancouver.

Au Canada, l’équivalent de l’expression « mouliner» est utiliser ses « Granny gears » (vitesses de grand-mère pour les non anglophones). Il n’aura pas fallu bien longtemps, pour que mes Granny gears commencent à entrer en action et pour que mamie Sandrine se rende compte de l’ampleur de la tâche qui l’attendait. Je m’étais lancée à l’attaque d’une montée démoniaque, m’obligeant à pousser Elise à la force des bras et des mollets. Arrivée en haut, après une vingtaine de minutes d’un effort intense, j’avais demandé ma route à un jardinier. Ce dernier m’avait répondu, avec un air navré et après avoir assisté à ma souffrance, que je n’avais plus qu’à redescendre car je n’étais pas sur le bon chemin. Un fou rire m’avait pris. Je m’étais dit que je commençais bien cette première journée. Dans ce genre de situation mieux vaut rire que pleurer ou s’énerver, les forces il faut les garder pour pédaler. Les kilomètres suivants furent une succession de montées et de descentes, avec le sentiment injuste que les montées duraient toujours plus longtemps que les descentes. J’ai malgré tout gardé le sourire, car j’étais heureuse d’être enfin sur la route et de recevoir mes premiers encouragements à mon passage. Arrivée à Horseshoe Bay à 13h40, j’ai manqué le ferry de dix minutes (la faute à cette satanée montée). J’ai dû patienter deux heures dans ce petit village portuaire, peuplé de petits restaurants et cafés, où se réfugiaient les touristes en attendant leur ferry. La croisière entre Horseshoe Bay et Gibsons m’avait fait découvrir mes premiers paysages, d’une nature à la fois verdoyante et sauvage.

Horseshoe Bay

En sortant du ferry, un homme était venu à ma rencontre et trouvait formidable mon idée de traverser le Canada à vélo. Il m’avait quitté en me disant « Enjoy Canada ». Quelques kilomètres plus loin, alors que j’essayais de me frayer un chemin dans le trafic des voitures, j’avais entendu quelqu’un me klaxonner. Il s’agissait de l’homme rencontré à la sortie du ferry, qui s’était mis à courir vers moi en brandissant un papier avec son adresse et son numéro de téléphone, si jamais j’avais besoin d’un terrain où planter ma tente pour le soir. Je l’avais remercié pour sa bienveillance, avant de reprendre la route. Les deux heures d’attente à Horseshoe Bay et les quarante cinq minutes de traversée, m’avaient coupé les jambes. J’avais du mal à me remettre en selle, surtout que les dix kilomètres pour arriver jusqu’à Gibsons n’étaient quasiment que des montées. Epuisée, j’avais dû me résoudre à pousser Elise pendant quelques kilomètres, avec cette inquiétude en tête : « Comment allais-je être capable de traverser le Canada, si mes débuts étaient déjà si difficiles ? »

En arrivant à Gibsons, j’avais découvert un charmant village, aux façades colorées, perché au-dessus de la marina. Mon hôte Irène, avait eu la gentillesse d’abréger mes souffrances, en me chargeant avec Elise dans son pick-up jusqu’à sa maison dans les hauteurs. Epuisée après cette première journée de route, mes paupières s’étaient fermées avant même que je n’ai eu le temps de me poser la question : «Mes jambes auraient-elles le temps de récupérer pour reprendre la route demain ?». Une journée à la fois, demain était un autre jour.

Irène et Gerry

12 réflexions sur “ C’est parti mon kiki ! ”

  1. Courage, Sandrine, tu vas adorer l’île de Vancouver… malgré les côtes que tu risques encore de rencontrer ! Les paysages sont magnifiques, entre la forêt pluviale, qui est vraiment un univers à part, et les plages de sable fin.
    Merci en tout cas de nous faire rêver à distance. L’attente du mois d’août, où je retrouverai moi aussi Vancouver, me semble moins longue grâce à toi !
    Plein de pensées positives !!! Tu verras, ça aide à grimper ! ;-)

  2. Coucou !!
    Les montées c’est rien, c’est juste fait pour savourer les descentes ! ;)
    Courage !! en tout cas je crois que Vancouver nous appelle nous aussi !
    Gare aux Winnies !!

    bisettes et pédales bien !

  3. Ha! Ma Sansan,c’est formidable.trop fiere et tu peux être vraiment très fière de toi!!on s’inscrit sur skype demain…roule ma poule!!!

  4. plus que tu pedales moins vite plus que t/avannces plus lentement bisous de la part de la compagnie creole de tes parents et d/arlette a plus

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