Les prairies

De l’envol des Prairies à Yorkton

Saskatoon – Lanigan = 130 kms

Lanigan – Foam Lake = 130 kms

Foam Lake – Yorkton = 95 kms

 

Les Prairies continuent de me surprendre, pendant que l’hospitalité et la générosité des habitants de Saskatchewan font mon plus grand bonheur.

 

Pas facile les aux revoirs avec Nora, au matin de mon départ de Saskatoon. J’ai été terriblement touchée lorsqu’elle m’a dit les yeux humides « I’ll miss you, now my home is your home ». Il n’y a pas que les yeux de Nora qui sont humides aujourd’hui. La météo annonce de la pluie et peut-être des orages. Du coup, j’appuie sur les pédales pour arriver le plus tôt possible à Lanigan. Arrivée un peu avant 15h, j’ai juste le temps de faire quelques courses avant la fermeture du supermarché. Les rues de Lanigan sont vides en ce dimanche. Pourtant j’aimerai bien planter ma tente au plus vite, au cas où un orage éclate. Après mon 2ème tour de pâté de maisons, je rencontre une femme et son fils à vélo qui se rendent au terrain de basket. C’est ainsi que ma tente s’est retrouvé dans le jardin d’Annaela, Mark et leur fils Andy. Je passe mon après-midi à jouer à des jeux de société avec Andy. Je suis invitée à rester pour le dîner et pour le dessert Annaela et moi nous faisons battre sans appel par Andy au baby-foot.

Annalea Mark et Andy

Après ce délicieux dimanche en famille, je reprends la route. La météo est toujours aussi orageuse. L’air est lourd et aujourd’hui je dois pédaler avec un fort vent de face. Après quelques kilomètres, les Prairies prennent des allures de marais. J’ai la surprise d’entrer dans une zone de protection des oiseaux appelée « Quill Lake ». Sur environ 80 kms, la route est bordée de lacs abritant des oiseaux migrateurs.

La mosaïque des Prairies m’offre de nouvelles couleurs et de nouvelles textures aujourd’hui, avec les champs de blé dorés et ces immenses prairies de petites fleurs bleues qui parfois côtoient le jaune du colza. Il s’agit de Flax, une plante riche en proteines, que l’on retrouve notamment dans des barres de céréales ou bien en poudre pour des préparations pour sportifs.

Avec le vent de face, je suis obligée d’appuyer sur les pédales, ce que n’apprécient guère mes genoux et mes cuisses. Alors que je commence à chercher un endroit où remplir mes bidons, tel un miracle un homme au volant d’un pick-up s’arrête et me demande si j’ai besoin d’eau. Après 9h sur la route, j’arrive épuisée à Foam Lake. Je suis tellement lessivée que je décide de faire quelques courses et de planter ma tente au camping. Je suis trop fatiguée pour chercher un jardin où planter mon toit ce soir. C’est sans compter sur Chandell, Mike et leur fille Bella qui me croisent au volant de leur pick-up. Ils me demandent d’où je viens et où je vais avec mon vélo. Nous commençons à discuter, Mike me dit qu’il va sûrement y avoir de l’orage cette nuit et me demande quels sont mes projets pour ce soir. C’est ainsi que je me retrouve à manger un burger en leur compagnie, puis à dormir dans une de leur chambre.

Mike Bella et Chandell

Au départ de Foam Lake, le temps est humide et orageux. Chandell et Mike me proposent de rester une journée de plus, mais je décide de tout de même prendre la route, au grand damne de Bella qui aurait bien aimé que je reste jouer avec elle. Encore une fois l’air est lourd et le vent souffle de face. J’ai des contractures derrière les cuisses ; la journée s’annonce difficile. Quand cela fait trop mal aux jambes, je repense à tous ces messages d’encouragement que je reçois, à toutes ces merveilleuses rencontres sur ma route et je retrouve de l’énergie comme par miracle. 10 kms avant mon arrivée à Yorkton, la pluie éclate. Je me réfugie dans un fast food pour trouver de l’internet et consulter le site Warmshowers pour un hôte pour la nuit. Comme par miracle, je reçois un texto de Chandell m’annonçant que sa cousine Candace est sur Yorkton et peut m’héberger. Candace n’habite que 2 jours par semaine dans sa maison à Yorkton, le reste du temps elle fait les allers-retours jusqu’à la maison de son petit ami Rob. Autant dire que je suis vraiment chanceuse. Voilà comment je me retrouve à savourer un dîner en compagnie de Candace et son fils Dalton, à boire une bouteille de vin blanc à deux, à discuter de longues heures avec Candace et accepter l’invitation de rester une journée de plus pour me reposer.

Dalton et Candace

Il faut avoir une sacrée bonne étoile qui veille sur vous, pour rencontrer autant de personnes bienveillantes en si peu de temps. La chaîne de la solidarité, me permet d’aller de surprises en rencontres pour mon plus grand plaisir. Plus que quelques kilomètres et je quitterai déjà Saskatchewan. Après cette traversée des Prairies, je me compare à une abeille gourmande qui a butiné le pollen de maison en maison pour conserver le meilleur et en faire un délicieux miel doré à savourer sans modération.

Je profite de cet article pour faire un aparté sur la diversité du Canada, qui en fait toute sa richesse. Depuis mon départ de Saskatoon, je traverse des villages dont les noms de rue ont une forte connotation des pays de l’Est et dont l’architecture des églises n’est pas sans rappeler la Russie. Chandell et Candace ont des origines ukrainiennes et ma visite du centre ville de Yorkton n’est pas sans rappeler l’Ukraine de manière frappante : la brique rouge très présente, la coupole de l’église Sainte-Marie, l’organisation d’un festival ukrainien.

Candace est assistante maternelle dans une garderie. Elle m’a invité à venir prendre le lunch en compagnie des enfants et des autres assistantes maternelles, pour mon plus grand plaisir. Assise sur ma chaise pour enfant, j’ai pu voir de mes yeux d’adulte des frimousses originaires de Russie, d’Ukraine, de Serbie, d’Inde et de Chine. Le Canada est une terre d’accueil pour les immigrants et cette diversité fait la richesses de ce pays aussi grand soit-il. Pourquoi en France n’arrivons-nous pas à faire de cette diversité une force, plutôt que l’origine des maux de notre pays…

5 réflexions sur “ De l’envol des Prairies à Yorkton ”

  1. Salut Sandrine! Oui, que de belles rencontres, et comme tu dis, tu as une étoile bienveillante au dessus de toi, elle met sur ton chemin tous les personnages qui vont, d’une façon ou d’une autre, t’aider à avancer, il y a aussi les concours de circonstances qui tombent pil poil, comme par hazard…, Bises de nous deux et continue a nous ravir

  2. Présentement Salutade..
    Il existe,de par les chemins,une race de gens qui,
    au lieu d’accepter une place que leur offrait le monde,
    ont voulu s’en faire une Tout(e) seul(e),
    à coup d’audace ou de talent. (ou en pédalant…)
    je trouve que cette citation de:Jules Vallés
    te « Mérite » bien .
    rempli ton âme et corps de rêve..
    et un jour nous les contera ….. Becs.

  3. Salutations de Saskatoon,Sandrine.
    Tu disais que tu trouvais le monde des prairies très chalereux. Mais je pense que tu ne sais pas que c’est toi qui est donc approchable! C’est ta personnalité qui est si agréable et accueillante!! C’est comme on se connaissait depuis toujours!
    Tu as laisser ici un gros groupe d’admirateurs! Et ce n’est pas une folie!!! Je penses à toi souvent.
    Doris

  4. Bonjour Sandrine.
    Bravo pour la performance et les jolies photos et commentaires que tu nous envoie. La route est peut être longue, mais qu’elle belle aventure et de bien belles rencontres. Courage, chaque jour qui passe la distance diminue .
    Moi tous les jours je joue à la pétanque avec ROGER un garçon métissé avec un chapeau blanc , tu connais surement. Bisou

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