Happy rock

Manitoba so friendly !

Yorkton- Russell =105 kms

Russell – Neepawa = 120 kms

Neepawa – Portage la Prairie = 105 kms

Portage la Prairie – Winnipeg = 80 kms

 

Lorsque vous entrez au Manitoba, le slogan de bienvenu est « Manitoba vibrant d’énergie ». L’ancien slogan était « Manitoba so friendly ». Après l’effervescence et la chaleur humaine en Saskatchewan, j’étais impatiente de savoir si Manitoba allait être capable de me faire vibrer.

Encore une fois le cœur est lourd en quittant Yorkton après tous ces bons moments passés en compagnie de Candace et Rob et toute cette chaleur humaine. Aujourd’hui, je quitte Saskatchewan pour franchir les portes du Manitoba et ainsi découvrir ma quatrième région canadienne. En arrivant à Russell, j’ai ressenti le besoin de retrouver l’ambiance d’un camping. Ca tombe plutôt bien, car la commune de Russell offre un camping gratuit avec table de pique-nique, toilette et lavabo et le supermarché juste en face.

Concert au camping de Russell

Vers 20H, à ma grande surprise je vois un groupe s’installer au centre du camping avec leurs instruments et des habitants de la commune se mettre en place avec leur chaise pliante. En discutant avec un couple de retraités, j’apprends que chaque jeudi un groupe local vient jouer de la country musique. Je reste un bon moment discuter avec ce couple, puis c’est avec un autre couple qui voyage en mobil-home que j’engage la conversation. Au milieu de tous ces camping car, je suis forcément l’attraction avec ma tente et mon vélo. Le temps est à l’orage ce soir, les musiciens ont juste le temps de plier bagages avant que le ciel devienne noir. Le couple avec qui je discutais ne se sent pas rassurer de me savoir dans ma tente avec l’orage qui commence à gronder et essaye de me convaincre de dormir dans leur mobil-home. Je refuse l’invitation en leur disant qu’en cas de problème je n’hésiterai pas à frapper à leur porte. Vent, orage, éclair, la nuit fût courte pour moi. Au matin, je discute avec un homme originaire du Manitoba qui parle très bien français et me rassure sur la météo avant de prendre la route. Le départ est tardif, le temps de faire sécher ma tente. Pourtant, aujourd’hui j’ai 130 kms à rouler pour rejoindre Minnedosa.

En prenant la route pour Minnedosa, j’ai eu la réponse à une des questions que je me posais régulièrement sur la route : les occupants des voitures qui filent à vive allure, ont-ils le temps de voir cette femme sur son vélo chargé, qui réalise son rêve ? Après quelques kilomètres en quittant le camping, encore une fois la highway 16 me réserve une surprise avec encore une fois des travaux. Cette fois-ci la voie de droite où les vélos circulent a été cassée entièrement sur plusieurs kilomètres et je dois donc partager la route avec les trucks et les voitures. C’est sûr, je ne dormirai pas à Minnedosa ce soir… Un pick-up s’arrête devant moi et Alan me demande comment se passe ma journée. Il m’explique m’avoir croisé la veille en train de monter la côte avant d’arriver au camping de Russell et a été étonné de la vitesse à laquelle j’en suis venue à bout. Aujourd’hui, en me croisant à nouveau sur la route il voulait absolument s’arrêter pour échanger quelques mots avec moi. En apprenant que je n’étais pas rassurée de partager la route avec les voitures, il décide de me charger avec mon vélo dans son pick-up. 30 kms plus loin la route est à nouveau en bon état, je peux remonter en selle. Grâce à Alan, je vais pouvoir rallier Minnedosa ce soir, en échange d’un enregistrement sur son téléphone portable afin d’apporter la preuve de notre rencontre à sa femme.

Arrivée à 15h à Minnedosa, je décide de ne pas m’arrêter en si bon chemin et de pousser jusqu’à Neepawa qui est à une trentaine de kilomètres. Le temps d’acheter de quoi dîner et je décide de me rendre au camping car le ciel est encore une fois menaçant et je souhaite planter ma toile au plus vite. Le camping de Neepawa est charmant, avec une rivière qui le traverse. J’installe ma tente, y rentre tous mes sacs, lorsqu’encore une fois une tempête éclate. Je dîne dans mon igloo et attends que la tempête se calme. Alors que je m’apprête à aller prendre une bonne douche, trois femmes viennent vers moi. Elles m’expliquent être amusées de me voir, car elles et leur famille m’ont croisé sur la route vers Minnedosa. Lorsqu’elles apprennent que je traverse le Canada à vélo, elles m’invitent à me joindre à leurs conjoints et enfants afin de boire un cocktail.

Joyeuse tribu à Neepawa

Alors que je débarque au milieu de cette joyeuse tribu en train de boire de la bière au coin du feu, Anita demande à l’assemblée s’ils me reconnaissent : « c’est la biker ! » Cinq minutes plus tard je me retrouve à manger un hamburger accompagnée d’une bière, à raconter mon histoire. Tous sont en admiration et émerveillés.

Trevor à la guitare

Avant le coucher du soleil, Trevor sort sa guitare et commence à gratter et chanter. Il est temps pour moi de découvrir une des spécialités du Manitoba : le S’More (2 crackers tartinés de Nutella avec un marshmallow grillé au centre). Une guirlande de couleurs s’éclaire et alors que je m’apprête à aller à me coucher, Anita me dit que je dois d’abord assister au spectacle de la lanterne chinoise : une lanterne en papier avec une bougie au centre et qui s’envole vers le ciel. Ce soir, il y a de la magie dans l’air et avec regrets je dois dire au revoir à ma joyeuse tribu car il se fait tard. Alors que je me dirige vers ma tente, Kim m’appelle. Anita, Heather et Kim souhaitent me donner de la nourriture pour prendre la route demain. Kim me dit que ses fils ont un écrit à rédiger pendant les vacances scolaires et qu’à coup sûr ils parleront de moi car ce n’est pas tous les jours qu’ils auront l’occasion de rencontrer une française qui traverse seule le Canada à vélo. Ces 3 mamans incroyables me disent que je suis bien courageuse de réaliser une telle aventure et qu’elles étaient heureuses de faire ma connaissance. Elles me donnent chacune un billet de 20 dollars pour sponsoriser mon voyage et boire des cocktails sur la route. Elles terminent  en me disant que ma maman peut être fière de leur fille. Je dois retenir mes larmes tellement je suis émue face aux paroles de ses trois mères de famille. Je retourne dans ma tente avec le sentiment d’avoir vécue une journée incroyable. Une seule rencontre sur la route aura suffit à changer tout le déroulement de ma journée. Sans Alan et son pick-up je n’aurai jamais rencontré cette tribu incroyable.

Cette nuit encore l’orage à éclaté. En sortant ma tête de la tête à 6h30 il pleut à torrent et l’orage gronde. A 8h pas d’amélioration. Je décide de rester une journée de plus au camping de Neepawa pour mon plus grand plaisir et celui de ma joyeuse tribu. J’aide à faire la vaisselle de la veille et nous préparons le petit déjeuner : bacon, œufs, toasts, fromage, fruits,… tout le monde est à son poste ; la fourmilière s’active aux fourneaux. Cela me rappelle mes vacances avec mes cousins à Erquy. Je suis ensuite invitée à accompagner tout le monde pour assister au championnat régional de baseball : les fils d’Anita et Heather jouent aujourd’hui.

Je suis ravie du programme. Je ne comprends pas bien les règles du jeu, mais je me régale à regarder toutes ces mères de famille poussant des cris d’encouragement pour leur garçon. Aujourd’hui, les fils d’Anita et Heather ont perdu, mais amis et enfants sont conviés pour se retrouver au camping afin de manger des hamburgers et des hot-dogs et boire de la bière. Mark m’explique que toutes les personnes réunies ici se connaissent de longue date, que le sport notamment les a uni et aujourd’hui ils continuent de se retrouver grâce à leur gosses qui jouent à leur tour au baseball dans la même équipe. Le camping de Neepawa est décidément plein de surprises, puisqu’un groupe de retraités déguisés en jamaicains débarquent : je suis désignée comme juge pour désigner un gagnant et une gagnante (je vous laisse admirer le trophée).

Monkey trophé

Tout ceci me rappelle les soirées costumées en famille. Trevor sort à nouveau la guitare, un dernier S’More avant d’aller me coucher et le cœur lourd je dis au revoir à tout le monde. Durant deux soirées tout le monde m’a appelé Sansan, comme la plupart des canadiens qui n’arrivent pas à prononcer mon nom. En France, seule ma famille m’appelle par ce surnom. Durant deux soirées, j’ai eu le sentiment d’être en famille ; nous avons partagé des moments si précieux ensemble, ponctués de musique, de rires et d’émotions.

Cette fois je dois quitter le camping de Neepawa pour de bon. J’essaye de prendre la route avant que ma joyeuse tribu ne se lève, car je sais que ça me serai trop difficile de leur dire au revoir une nouvelle fois. Quelques kilomètres avant d’arriver à Portage la Prairie, je vois une caravane à l’arrêt sur la voie de droite : il s’agit de Kim et Trevor et leurs 2 garçons. Ils m’ont aperçu sur la route en direction de Winnipeg et tenaient absolument à s’arrêter pour me dire au revoir une dernière fois.

Ce soir, je suis hébergée chez Luis, mon hôte Couchsurfing. Une femme au volant de sa voiture voit que je cherche visiblement ma route. Elle s’arrête et me propose de me guider jusqu’à la maison de Luis : merci Angela. Luis est originaire du Guatemala, il a 33 ans et a immigré au Canada il y a 10 ans. Grâce au regroupement familial, ses parents ont pu le rejoindre et partagent sa maison. Une belle surprise m’attend ce soir, puisque Luis héberge un second cycliste qui traverse le Canada à vélo mais dans l’autre sens ; il s’agit de Jay originaire de Korée.

Luis, sa famille et Jay

Luis a préparé une fondue au fromage et sa maman quelques plats du Guatemala. Nous partageons tous ensemble ce dîner dans la bonne humeur, notamment grâce à Sally et Max les deux labradors de Luis qui sont trop trognons. En max je revois mon labrador Tallyo lorsqu’il avait le même âge.

Sally et Max

Depuis mon entrée au Manitoba, il n’y a pas eu une soirée sans musique. Ce soir, nous avons l’honneur d’assister à un concert privé d’Elton John Junior.

Elton John Junior

Pour terminer la soirée, Luis a décidé de nous conduire à la nuit tombée près de la rivière pour un feu de bois sous le ciel étoilé.

Pour le petit déjeuner, Luis qui est un hôte aux petits soins avec ses invités, nous prépare des gaufres avec des fruits frais. A 10h, je prends la route en direction de Winnipeg, Jay quant à lui roule vers l’Ouest. Bonne route à lui. En 3h30 et malgré des travaux sur la route et Elise en mode 4×4, j’arrive à Winnipeg où je serai hébergée 3 nuits par Doug et Phyllis grâce à l’intermédiaire de mes anges gardiens Jill et Jullian rencontrés à Kelowna.

Phyllis et Doug

Encore une fois, je me retrouve avec des personnes d’une générosité sans limite. Je suis traitée comme une princesse. Grâce à Doug, qui a très vite compris que je ne pouvais pas me passer d’être en extérieur pendant que d’autres s’enferment dans des musées, j’ai pu voir un spectacle magique et rare avec un ours polaire qui s’est jeté dans le bassin du zoo et nous a fait son show pendant plus d’une demi heure. Doug est venu plusieurs fois au zoo, mais c’est la première fois qu’il assiste à un tel spectacle : il faut croire qu’encore une fois je suis chanceuse.

Polar bear

Je terminerai cet article par cette très belle citation que j’ai reçue de Bernard, un ami de mes parents : « Il existe, de par les chemins, une race de gens qui au lieu d’accepter une place que leur offrait le monde, ont voulu s’en faire une tout(e) seul(e), à coup d’audace ou de talent – Jules Vallés

Winnipeg

11 réflexions sur “ Manitoba so friendly ! ”

  1. Étonnantes ces fêtes improvisées dans les campings. Et même sans avoir un programme publié pour choisir le camping où planter ta tente, tu sembles souvent trouver celui qui propose la meilleure animation. Bravo !
    Je te souhaite bon courage sous les orages. En ce moment, ce sont des torrents qui dégringolent du ciel toulousain, mais j’ai la chance d’être bien à l’abri dans mon bureau ;-)

  2. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de lire tous tes articles mais quel dommage! Ton voyage est toujours aussi épatant, je me rattrapera quand je serai rentrée, je reprendrai tous tes écrits avec la carte sous les yeux. Bises et bonne continuation belle Sansan!

  3. Bonjour,

    Pas eu le temps de tout lire. J’ai découvert ton voyage dans le magazine 200.
    Félicitations. Totale admiration. Bonne route pour la suite.

  4. Salut Sandrine! t’as l’impression de faire ton périple en solo, mais tu es bien accompagnée de cette « présence invisible » qu’on dit Ange gardien…bise de nous deux

  5. que de belles rencontres
    ton périple me fait réver
    sur la sortie du mercredi au club vélo ucna de Nantes l’on me demande de tes nouvelles
    bon vent

  6. kikou heureuse de voir que tu deviens célèbre dans ton périple et que tu rencontre toujours de bonnes personnes courage pour les orages et la pluie à st nazaire il fait beau grosses biz nazairiennes

  7.  » You know that dream you carry around with you each day? It’s kinda important.
    Wasn’t it what you were put on planet earth to do? They say everyone has a calling, can you still hear it? Doesn’t it eat away at you?
    That treadmill you are on, did it ever get to be to much? Do you ever wonder what it would be like to do your thing? Did you ever feel time was passing you by? Just how many days have you felt before your last?
    Did you ever wonder about stuff like that? Did you ask yourself ‘what was stopping you?’ There is never a right time. You will be too old. Too young. Too something or other. When was the last time you took a risk?
    Did you remember how alive it made you feel? There are not guarantees of success. It’s not called a leap of faith for nothing. It’s not too late, honest.
    Jump. You might fall. You might fly.
    Get busy living! »

    Voila une citation qui m’a beaucoup aidé dans la vie !
    Merci pour le partage de tes aventures. Elle m’aide a fuire le quotidien en continuant de programmer mes futures aventures !!
    Bonne route ! Take care !

  8. Hello Sandrine,

    Quelle fabuleuse aventure tu vis en ce moment!!
    Alors que ma fille de 15 ans s’apprête à vivre sa première aventure sans papa et maman en Alberta près de Calgary dans 15 jours pour 3 mois, je partirais bien avec elle pour parcourir ce beau pays!
    Merci à toi pour ces portions de rêve

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