Portrait Mélanie

Mélanie : les prémisces d’un premier voyage à vélo

Depuis le lancement de My Happy Canada Tour, je reçois régulièrement des messages soit d’encouragement, soit de personnes qui souhaitent me questionner au sujet de la préparation de mon premier voyage à vélo. Mélanie m’a contacté un jour, à la fois pour m’encourager, mais aussi pour me faire part de son projet et de l’enthousiasme et des craintes qui vont avec. Finalement, c’est en essayant de trouver les mots pour aider Mélanie à vaincre certaines de ses peurs, que ça m’a aidé à apprivoiser les miennes. Je retiens surtout que Mélanie est une jeune femme enthousiaste et fonceuse, qui a la détermination pour aller au bout de son rêve. 

Mélanie, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 24 ans et je viens de finir mes études en communication. Passerelle entre les études et la vie active, c’est aussi le moment propice pour réaliser son rêve avant de trouver un job pour toute une vie.

Tu prépares actuellement ton premier voyage à vélo. Peux-tu nous dire quel est ta destination, la date de ton départ et la durée de ton voyage ?

Je ne me fixe pas de date de retour mais il s’agit d’un tour du monde de 3 ans environ. Je pars de France pour l’Asie puis l’Océanie et pour finir l’Amérique (du Sud au Nord). J’envisage l’Afrique mais d’une autre façon. J’ai souhaité également intégrer une dimension humaine et solidaire à mon projet. En effet, je ponctuerais mon voyage par différentes actions de solidarité au profit d’associations humanitaires et écologiques. Je m’essaierais également au Woofing et autres formes de bénévolat. Concernant la date de mon départ, je n’en ai pas fixé. Je partirais quand tout sera prêt, c’est-à-dire autour de fin avril-début mai au plus tard.

Comment t’est venue l’idée de réaliser ce périple à vélo ?

Je n’ai jamais porté un grand intérêt au vélo avant de lire « On a roulé sur la Terre », de Sylvain Tesson et Alexandre Poussin. A la lecture de ce dernier, j’étais subjuguée. J’avais l’impression de pédaler avec eux et de vivre leurs joies et leurs déboires. J’avais trouvé là, un fabuleux moyen de voyager. Ce qui m’a le plus séduit, c’est la totale autonomie dans laquelle le voyageur est plongé.

Dépendre de rien ni personne octroie une grande liberté à mon sens

En plus d’être un défi sportif, il y a également la dimension écologique qui est totalement en accord avec mes valeurs. J’ai donc tout de suite et sans hésiter intégré le vélo à mon projet initial.

As-tu décidé de partir seule par choix ou parce que tu n’as trouvé personne pour t’accompagner ?

C’est vrai que je suis passée par différents stades. L’idée du voyage était, elle, bien fixée mais je me suis vite laissée gagner par mes peurs. Je me suis mise à chercher un compagnon de route sur différents forums. J’ai même eu un très bon contact avec qui j’ai monté un dossier de partenariat. Mais nos chemins ce sont très vite séparés car je n’étais pas prête à concéder certains points de mon projet initial. Par la suite, j’ai continué mes recherches. C’est à ce moment-là que je me suis réellement questionnée, à savoir si j’étais prête à faire des concessions et si je pouvais supporter 24h/24h un compagnon et de surcroît un inconnu sélectionné sur internet.

J’ai réalisé que je ne cherchais pas un compagnon pour partager une aventure à deux mais pour combler un besoin de sécurité. Une fois cette prise de conscience, j’étais complètement déterminée à partir seule

Pourtant jamais je n’aurais cru dire cela un jour. J’ai l’impression de m’être libérée de mes peurs et je suis plus qu’impatiente de vivre une telle expérience seule.

Quelles ont été les premières peurs qui ont surgi, à l’idée de partir seule ?

J’ai toujours voyagé et bivouaqué en groupe donc l’idée de dormir seule en tente m’effraie particulièrement. Dans ces moments-là, on développe surement une imagination débordante, capable d’entendre les pas d’un tueur armé jusqu’aux dents, derrière la tente. Je pense qu’au début, on passe de sacrées nuits blanches. Puis on finit par comprendre qu’il n’y a jamais personne. Dans un sens plus large, j’ai surtout eu peur pour ma sécurité.

A ce jour, as-tu réussi à les surmonter ? Si oui comment as-tu fait ?

Oui, je les surmonte de mieux en mieux. Je suis assez sereine à l’idée de partir, plutôt impatiente même. Néanmoins, j’ai conscience que ces peurs reviendront très vite quelques jours avant le départ et pendant le voyage. Je sais dorénavant que je peux les maîtriser mais qu’il me faudra seulement un gros temps d’adaptation. Sauf pour la mécanique, il suffit seulement d’apprendre avant de partir. Les nombreux témoignages sur Internet et les livres autobiographiques de voyage sont de vraies mines d’or pour surmonter ces peurs.

On recence pas mal de femmes à l’autre bout du monde en solo.  Ce sont des témoignages de courage, d’inspiration et de motivation à mes yeux. A la lecture de ces blogs, on se dit : « pourquoi pas moi ? »

J’ai aussi puisé ma force en discutant avec deux voyageuses solos qui ont répondu à chacun de mes mails en m’encourageant à poursuivre dans ce sens. J’en profite d’ailleurs pour les remercier du fond du cœur : Julie de happiness-sample.com et toi Sandrine. Merci pour vos chaleureux encouragements qui m’ont été très précieux !

Fais-tu partie de celles qui préparent minutieusement leur grande évasion ou bien de celles qui se disent qu’elles improviseront une fois sur la route ?

Les deux ! Je prépare minutieusement le départ sur le plan matériel et mécanique et quasi rien pour la route concernant l’itinéraire et l’hébergement. Je voulais être sûre de partir avec un équipement solide, léger et résistant à toutes les conditions climatiques. C’est surtout sur ce point que j’ai été très pointilleuse. Pour la mécanique, j’ai commencé à m’entraîner sur un vieux vélo pour répéter les mêmes opérations sur le mien. Je veux connaître mon vélo sur le bout des doigts. Concernant le voyage en lui-même, j’aime aller au feeling. Faut dire que je n’aime pas trop organiser. Très sincèrement, je suis une mauvaise organisatrice. Plus je planifie, plus ça tourne au fiasco. J’assure mieux dans les décisions rapides et spontanées. D’ailleurs, je souhaite traverser les Océans en bateau-stop. Ce sera donc au bon vouloir de ces derniers de m’accoster à un port différent. Du coup, je ne me fixe pas d’itinéraire précis car je sais que tout sera chamboulé en chemin. Je préfère me laisser porter par les rencontres et les opportunités qui se présenteront devant moi.

Mélanie pour sa 1ère sortie sur son vélo
Peux-tu nous parler de ta préparation pour ce long voyage ?

Il ne me reste plus qu’à parler de ma préparation physique. Ayant reçu mon vélo ce début mars, je commence tout juste les entraînements journaliers. Le but sera de faire toujours plus de kilomètres en rajoutant progressivement le poids. J’ai également prévu un court voyage en France de quelques jours. Ce sera l’occasion de tester l’équipement et de me familiariser avec tout ce que comporte le voyage à vélo comme les nuits sous la tente.

Quelles sont à ton avis tes forces et tes faiblesses pour réaliser ce périple ?

Ma force réside surtout dans le besoin de vivre une expérience unique et enrichissante sur tous les plans. C’est une envie qui me pousse en avant, celle de voir le monde, ces grands espaces naturels et tous ces modes de vie si différents du nôtre.

La passion du voyage et de la découverte sont des motivations et des forces inépuisables

C’est un rêve que je m’apprête à réaliser, alors pas question d’abandonner en chemin. J’aurais surement de gros moments de doutes et de peurs mais cela fait partie de l’aventure. Concernant mes faiblesses, je dirais que je n’ai strictement aucun sens de l’orientation. Et comme j’aime me compliquer la vie, je n’ai pas opté pour le GPS… D’où l’avantage de ne pas prévoir un itinéraire précis, je ne serais donc jamais perdu. Mon manque d’expérience dans le voyage à vélo et solo peut aussi me mettre quelques bâtons dans les roues. Ce sera une question de temps pour apprendre et gérer toutes les situations auxquelles je risque d’être confrontée.

Que dirais-tu aux femmes qui n’osent pas partir réaliser une grande aventure seule à vélo ?

Je ne suis pas encore partie mais je sais que c’est une aventure fabuleuse qui m’attend. Si je suis aussi sûre de moi, c’est parce que les femmes qui ont réalisé cette aventure témoignent dans ce sens. Les lire donne le courage d’oser. Je conseillerais aussi de chercher le dialogue avec ces dernières. On obtient des réponses très précises lorsque les échanges ne sont pas interpersonnels. Cela rassure nos peurs et nous donne l’envie de partir.

Si c’est le fait de voyager seule qui les effraie, je leur dirais qu’en voyage on n’est jamais seule. Il suffit d’aller vers les autres

Les occasions de partage sont nombreuses. Pour le savoir, il suffit d’y aller ! Vous en apprendrez sur vous-même et sur le monde qui vous entoure. Si ce rêve vous tient à cœur, il n’y a rien qui doit vous retenir.

Retrouvez Mélanie et son projet de tour du monde Mél vs Wild sur sa page Facebook

Mél vs Wild

 

 

2 réflexions sur “ Mélanie : les prémisces d’un premier voyage à vélo ”

  1. Bonjour et ravi de faire la connaissance de Mélanie et de son super projet !!
    Je me permets de ramener ma fraise sur un point de l’article, c’est au sujet du GPS, pas sûr que ce soit LA solution, évidemment c’est super pratique mais ça peut tomber en panne, ça ne marche pas partout, c’est un outil indispensable, oui, mais comme il est indispensable de savoir se diriger à la boussole avec une carte, c’est pas dur et ça marche partout, même sous l’eau :)
    Voici un lien qui explique le pourquoi du comment, en plus ce site est plein de supers conseils, même si c’est un site de randonneurs pédestres !!
    http://www.randonner-malin.com/9-raisons-de-ne-pas-acheter-un-gps-de-randonnee-si-vous-etes-debutants/
    Vous trouverez aussi un super article sur justement la peur des premières nuits en bivouac :
    http://www.randonner-malin.com/votre-premire-randonnee-de-plusieurs-jours-votre-premier-bivouac-ou-votre-premiere-nuit-en-refuge-partie-1/#more-2680
    Et je ne sais si vous connaissez ce forum plein d’astuces pour voyager léger, c’est vraiment intéressant !!
    http://www.randonner-leger.org/forum/
    Merci de nous faire rêver !! :)

  2. Quel enthousiasme Meli!! C’est vraiment une belle idée, j’imagine que tu vas écrire un journal, heure par heure, 24h de la vie d’une aventurière ce n’est pas rien!!… le voyage est pour moi quelque chose de tellement essenciel que j’adhére à 150 pour 100!!

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