Coquitlam

Mission accomplie !

Vancouver – Mission = 87 kms

Ce matin crazy girl (c’est comme ça qu’on me surnomme ici) a pris la route en direction de  l’Est. Plus de retour en arrière possible, mais dans son rétroviseur elle verra à jamais toutes les merveilleuses personnes  rencontrées et tous ces formidables souvenirs sur la route.

De retour à Vancouver, chez Margo et Chris, je m’accordai trois jours de repos pour reprendre des forces  avant le début de ma traversée. L’autre urgence, qui n’était pas des moindres, était  de trouver une selle qui serait en symbiose avec mon postérieur.

Une année à préparer ce voyage, des mois à gérer une excitation qui grandissait chaque jour. Difficile de décrire dans quel état j’étais la veille du départ pour ma traversée. Entre impatience et peur de ne pas être à la hauteur du challenge, j’essayai surtout de me libérer de toute pression. Une petite voix dans ma tête, me chuchotait qu’au moins je n’aurai pas le regret de ne pas avoir essayé. Le lendemain matin, Elise et moi prendrions la route en direction de l’Est. Cette fois, plus de retour en arrière possible, mais toujours en gardant un œil sur le rétroviseur, avec le souvenir impérissable des merveilleuses rencontres faites sur l’île de Vancouver.

Je quittai ma famille d’accueil de Vancouver. Margo et Chris avaient été comme des parents pour moi. J’espèrai du fond du cœur pouvoir les accueillir à mon tour en France. Je quittai également Vancouver avec un surnom, celui de « Crazy girl ».  Ma mission du jour était de sortir de l’agitation de la ville, sans trop d’encombres, ni de stress. Rouler dans les grandes villes, n’était absolument pas ce que je préfèrai, à cause de la cohabitation voiture/vélo qui n’était pas toujours des plus sûres. Alors que je traversai le centre ville, un homme qui se rendait au travail me regarda et me dit « Vous avez l’allure de quelqu’un qui va réaliser une grande aventure ». Il n’imaginait pas à quel point sa phrase résonnait en moi. Quelques mètres plus loin, alors que je regardai ma carte pour m’assurer que j’étais sur la bonne route, un homme s’approcha vers moi. A mon accent, il reconnu que j’étais française. Lorsqu’il me demanda où j’allais et que je lui répondis que je m’apprêtai à traverser le Canada, il répliqua en me demandant  » Tu ne serais pas la fille de My Happy Canada Tour ? ». Benjamin était lui aussi français et avait parcouru, il y a quelques années, douze milles kilomètres à vélo jusqu’à Pékin. Un de ses amis lui avait transmis le lien vers mon blog afin de pouvoir me suivre. Quelle drôle d’impression que de découvrir que dans une ville aussi grande que Vancouver, j’avais rencontré un des lecteurs de mon site. Avant de nous quitter, Benjamin me félicita d’avoir eu le courage de me lancer dans cette aventure.

Lorsque je sortai enfin du cœur de la ville, l’enfer du trafic commença le long de la Lougheed Highway. Une déviation me fit perdre du temps et mon chemin par la même occasion. Heureusement, Simon, un cycliste, me remit sur le droit chemin.

Vue depuis le Pitt Bridge River

Quelques kilomètres plus loin, en traversant le Pitt River Bridge, je m’arrêtai pour admirer les paysages qui m’accompagneraient pour les prochains jours. J’apercevai au loin, une chaîne de montagne qui, si elle n’avait rien de comparable avec Les Rocheuses, me donna mes premiers papillons dans le ventre. Tantôt la bande cyclable était large, tantôt elle devenait étroite, voire même inexistante.  La nouveauté pour moi, était aussi le passage des trucks qui me dépassaient. Habituée à rouler sur des voies vertes ou des routes à faible circulation en France, je prenai rapidement conscience qu’il allait me falloir un temps d’adaptation aux routes canadiennes. Le temps était à l’orage, l’air devenait suffoquant avec les gaz d’échappement.

Coquitlam

Heureusement, à partir de Coquitlam, la chaîne de montagnes me fit face et me redonna un peu de souffle. Premier petit pépin technique à mon arrivée à Maple Ridge. Après ma pause déjeuner, je m’apercevai qu’une de mes sacoches avant était prête à poursuivre l’aventure sans Elise et moi. Une des vis de fixation avait été perdue en route.  Heureusement pour moi, un magasin de vélo se trouvait à quelques kilomètres. La pluie commençait à tomber, je décidai d’appuyer sur les pédales pour arriver à Mission avant le gros orage. Les roues d’Elise longeaient enfin le Fraser River, fleuve le plus grand de Colombie Britannique. Long de mille trois cent soixante dix kilomètres, il prenait sa source près du Mont Robson dans les Rocheuses, pour se jeter dans l’océan Pacifique à Vancouver. Fraser et moi serions amenés à nous croiser régulièrement jusqu’à mon arrivée au géant Robson.

Alors que le Fraser River s’imposait dans la vallée, le paysage s’éclaircissait peu à peu, pour devenir plus verdoyant. Adieu les buildings et bâtiments industriels, je profitai enfin du paysage. J’arrivai à Mission sous la pluie en fin de journée, aux termes de presque quatre vingt dix kilomètres. Ce soir là, j’étais hébergée par Ophélie, inscrite sur le site Couchsurfing. Cette jeune femme pétillante et souriante était française. Son Permis Vancances Travail en poche, elle avait décroché un poste de professeur de français dans une école primaire et était passionnée de voyages.

Ophélie à Mission

Ma journée avait été éprouvante, à cause de la pollution olfactive et sonore et ma phase d’adaptation sur les grands axes canadiens, mais elle n’en restait pas moins le début d’une grande aventure qui s’annonçait formidable.

10 réflexions sur “ Mission accomplie ! ”

  1. Salut Sandrine
    Ahhhhh enfin de la vrai route ;-) fini la petite croisière s’amuse dommage c’était super ta première partie.
    Aller courage et garde une petite place dans ta tête pour chaque chose que tu vas voir et ne nous oubli pas on est impatient chaque jour pour la lecture du message.

    roule toujours

    Matthieu

  2. Bravo Sandrine pour cete première étape sur le continent. Tu en verras des km de routes pourries, mais la joie de la découverte des paysages et les rencontres incroyables que tu feras te feront oublier tout ça! Après 12000km jusqu’à Pékin, nous nous souvenons surtout des individus formidables que nous avons rencontrés plutôt que des moments difficiles.
    Félicitations d’avoir eu le courage de te lancer dans cette aventure, cela te fera des souvenirs impérissables.

    Bonne route, puisse les vents te pousser vers l’Est!
    Benjamin ( croisé ce matin sur Commercial et 10th )

  3. hello Sandrine;
    Toujours un plaisir de suivre tes aventures.La gentillesse des Canadiens s avère réelle; les paysages sont grandioses ; paroles de Canadiens ces niaiseux de Français sont des mots chaleureux. Et n oublies pas de courir si tu croises un caribou.
    Bisous

  4. Dommage, on ne s’est pas vu à Vancouver ! On se verra peut-être à St Brévin l’été prochain :-)
    Bonne route en attendant !

  5. Cool d’avoir de tes nouvelles.
    Les jolies colonies de vacances sont terminées, tu passes aux choses sérieuses, nous serons toujours branché pédales afin de te suivre.
    Alors Élise et Sandrine continuer à faire de belles rencontres.
    Ta famille qui t’aime.

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