Portrait de Marion

Portrait de Marion : Le voyage à vélo pour le meilleur et pour le pire

Est-ce par amour du vélo ou de son compagnon, que Marion a traversé les Amériques du Nord au Sud ? Dans tous les cas, on peut dire que le voyage à vélo est pour elle une histoire d’amour. Pour le meilleur, puisque avec son compagnon ils ont décidé à leur arrivée à Ushuaïa de se marier. Mais aussi pour le pire, lorsque celui-ci a faillit perdre la vie lors d’une collision avec une voiture en Patagonie.

Marion, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marion Martineau, j’ai 30 ans et suis originaire des Deux Sèvre dans le Poitou Charente. Il y a quelques semaines je suis rentrée d’un voyage de 20 mois à vélo à travers les Amériques avec mon compagnon Virgile Charlot.

Quelle était ta pratique du vélo avant de traverser les Amériques à vélo ?

Avant cette traversée, j’utilisais le vélo pour mes déplacements quotidiens. Habitant alors à Lyon, je n’avais pas de voiture et privilégiais ce mode de déplacement. La seule longue escapade que j’avais alors réalisé à vélo, était la traversée de la France entre les Deux Sèvres et le Jura en suivant en partie l’itinéraire de la Loire à vélo pendant 10 jours.

Tu as réalisé ce voyage à vélo avec ton compagnon. Est-ce-que tu penses que tu aurais pu te lancer seule dans une telle aventure ?

Je pense que ce voyage peut se faire seule, mais si cela avait été le cas je me serai mieux préparée, notamment au niveau mécanique.

Au début je me suis beaucoup reposée sur mon compagnon et puis j’ai appris sur le tas ce qui n’aurait pas été possible si j’étais partie seule

Beaucoup de femmes n’osent pas voyager seule à cause de la peur. Imaginons que tu sois parti traverser les Amériques en solo, à ton avis quelle aurait été ta plus grande peur avant le départ ?

La peur vient de l’inconnu mais aussi de l’entourage qui parfois, bien qu’il montre qu’il tient à toi en te mettant en garde, se fait un peu l’écho des scénarios catastrophes ; « Et si tu tombes sur un gars mal intentionné, et si tu as un accident et si… et si…. »

Je crois qu’en voyageant seule une femme acquiert des instincts qui lui permettent de ne pas se mettre en situations périlleuses

Elle va plus s’écouter et écouter son entourage et ainsi éviter des situation délicates. La peur, l’inconnu, il ne faut pas trop y penser sinon on ne fait plus rien !

Qu’est-ce-qui est le plus difficile lorsqu’on voyage en couple sur une longue période ? Dirais-tu que cette expérience a renforcé votre couple ?

La promiscuité pourrai être difficile. Vous connaissez beaucoup de couple n’ayant pas passé une seule journée à moins de 100 mètres l’un de l’autre pendant 20 mois ? Alors forcément parfois il y a quelques petites tensions, mais dans notre cas cette promiscuité à renforcée notre couple.

Nous nous sommes trouvés une belle complémentarité et avons affronté les difficultés et les joies de ce voyage ensemble

C’est tout naturellement que nous avons décidé de nous marier à notre arrivée à Ushuaïa (Marion et Virgile se marieront en France en Octobre prochain). L’aventure continue donc pour nous !

Marion à la quête des Amériques

Selon toi, qu’est-ce qui a changé entre la Marion d’avant le départ et la Marion de maintenant et quelles sont les qualités que tu as gagné ou renforcé grâce à ce voyage ?

D’un point de vu physique, je tiens maintenant une super forme et je me suis beaucoup aguerrie. Des petites montées qui me paraissaient être des montagnes avant, ne me semblent plus du tout difficiles.

Qu’il est bon de ne plus se sentir prisonnier de son corps !

J’ai également pris confiance en moi et en l’avenir. L’itinérance ne permet pas d’être timoré, craintif, angoissé face à l’inconnu, car nous ne savions jamais ce que nous réservait le lendemain, voir le jour même. Il fallait donc accueillir toute cette incertitude avec joie pour continuer à avancer.

Si tu devais donner une raison de réaliser un voyage à vélo au moins une fois dans sa vie ?

La liberté !

Quel est l’après avec cette formidable aventure ?

Pour nous ce voyage de 20 mois, n’est pas une parenthèse dans notre vie. Beaucoup de personne nous disent : Ah c’est bien il faut faire ça tant qu’on peut, tant qu’on est jeune ! » Je ne suis pas du tout d’accord ! Nous continuerons à partir régulièrement, peut-être pas aussi longtemps, mais

Ce voyage n’est pas la fin de quelque chose pour retourner à la case départ. C’est un tremplin, la continuité de notre vie de tous les jours que l’on souhaite vivre comme une grande aventure quotidiennement !

Alors vous allez me dire que c’est un peu utopique, car il faut bien payer les factures à la fin du mois et un loyer et un nouvel écran plat, et un nouveau smart phone etc…Oui, nous en avons bien conscience, bien que nous sommes partisans d’une vie plus sobre ! Nous essayons de trouver une manière de gagner notre « croûte », tout en continuant d’être indépendant. Ça passe par l’écriture et la réalisation de films (nous avons filmé quotidiennement pendant notre voyage), mais également peut être la création d’une activité autour de l’aventure ou du vélo, c’est en réflexion.  A voir et à suivre… Et bonne route à Sandrine !

Retrouvez les aventures de Marion et Virgile, les Bonnie & Clyde à vélo à la quête des Amériques, sur le site des Pignons Voyageurs

Les Pignons Voyageurs

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